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Monthly Archives: novembre 2008

Elle est assise seule à une table, un léger sourire aux lèvres. Un sourire mystérieux, un peu Mona Lisesque.

A quelques pas de là, tous se demandent pourquoi.

Axel pense qu’elle se souvient. Sa coupe de champagne en guise de madeleine, quelques doux moments du passé lui reviennent et dessinent cette parenthèse couchée sur ses lèvres. Son regard… Il est ailleurs. Je vous dis moi qu’elle se souvient, peut-être de son enfance, de sa cabane dans les arbres, ou de son premier baiser avec son petit voisin Jérémy, que sais-je ?

Barbara n’est pas de cet avis. Elle est convaincue que la demoiselle rêve à son amant qui l’a probablement faite jouir la veille. Elle entend les cris mêlés de leurs orgasmes simultanés et s’impatiente des prochains. Croyez-moi, je suis une femme, je sais de quoi je parle. C’est un sourire lubrique qu’elle affiche là.

Claudia n’en est pas si sûre. Elle croit la dame est moqueuse et rit intérieurement de l’un des autres convives. Elle invite d’ailleurs ses amis à vérifier leurs chemises et pantalons, des fois qu’ils seraient tachés… Axel, ce n’est pas du chocolat, là, sur ton col ?

Damien intervient alors, soulignant avec justesse que les mains de la demoiselle disparaissent étrangement sous la table. Je parie qu’elle se masturbe, là !

Emilie rit de la bêtise de son ami, avant de donner à son tour son avis : elle s’ennuie, voilà tout. Elle s’ennuie et sourit car elle a reçu une excellente éducation, lui interdisant formellement de manisfester son agacement. Regardez-la, ça se voit : elle s’emmerde, j’vous dis, moi. Vous pouvez me faire confiance, ça m’est arrivé assez souvent pour savoir de quoi je parle. Je fais pareil, quand je m’emmerde dans une soirée. Je souris, et je patiente. Je compte intérieurement les secondes me séparant de ma délivrance.

Les autres n’ont pas l’air bien d’accord, et les voilà qui débattent du sort de Mona Lisa. Claudia argumente alors que certains mystères doivent rester mystérieux, chacun approuve et la conversation dévie de la demoiselle au vieux Monsieur assis plus loin qui, semble-t-il, n’a pas pu mettre la main sur une paire de chaussettes correctes ce matin, et en porte donc une noire à droite, et une grise à gauche.

Cependant, une jeune fille aux boucles blondes et aux grands yeux noisettes s’approche de la dame au drôle de sourire et sans la moindre hésitation lui demande : Dis, madame, pourquoi tu souris ?

– Pour offrir un sujet de conversation à ceux qui en manquent désespéremment…