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Category Archives: Les Petites Choses

Prologue : pourquoi je pourrais mourir en Avignon.



Rocher des Doms, mardi 16 septembre 2008, 18h30


Assise sur un banc de pierre sculpté, face au soleil qui lentement décline, au Rhône qui coule, au pont qui ne l’enjambe qu’à moitié, je me sens comme sur un trône posté en équilibre sur le bord du monde. De cette place, je peux le voir vivre.

J’ai ôté mes lunettes et la lumière m’éblouit. J’ai dans les oreilles une musique et sa mélodie coule sur le même rythme que les eaux du fleuve, en harmonie.

Je suis assise ici depuis combien de temps ? Une heure ? Plus, sûrement. J’ai mangé une brioche au sucre et fumé deux cigarettes.

J’étais assise là, hier. Et avant-hier. La semaine dernière. L’année dernière. Pas toujours sur le même banc, mais face à ce paysage qui est le mien depuis maintenant quatre ans : les remparts qui me protègent, le Rocher qui m’élève, le Rhône, sombre, qui s’étire ; la colline en face, Villeneuve et le Fort Saint André, l’île de la Barthelasse, longue et verte ; le Ventoux, au loin ; la ville, ses toits, ses clochers, ses secrets. Et le vent qui se lève, ce violent Mistral qui envole les cheveux et fait claquer les volets. C’est si beau et c’est chez moi. Alors je comprends que je pourrais mourir ici.

Je ne pense pas que ce soit le plus bel endroit du monde, et j’ai évidemment envie de connaître et d’habiter d’autres paysages, mais ici je sais, je comprends, je suis. Ici, il existe un équilibre entre la terre qui me porte et le ciel qui me guette, et cet équilibre c’est moi. Parce qu’ici plus qu’ailleurs je suis entre les deux, comme un pont de chair et de sang.

Assise sur le bord du monde, les pieds dans le vide, je peux le regarder. Et je me sens en faire partie.

         

                     

                     

                     

                  

 

Certains souvenirs sont si clairs qu’ils semblent dater d’hier. On ferme les yeux et le film se déroule, les images sont nettes, pas le moindre détail ne manque.

La première fois que j’ai vu Benoît est de ces souvenirs là.


C’était à la Poste, j’y travaillais en tant que télé-actrice tous les soirs de la semaine, entre 18 et 20h, pour payer mes études. J’aimais ce boulot, nous étions une équipe de jeunes de 18 à 30 ans, on s’amusait beaucoup. Je bossais avec Seb, mon meilleur pote de l’époque, un garçon totalement habité, voire torturé, à la créativité épatante. Son univers me fascinait autant qu’il me terrifiait. Je l’ai souvent pénétré, avec la peur de m’y perdre, je m’en suis beaucoup inspirée, Seb me donnait envie de faire des choses, de créer. Il écrivait beaucoup, et très bien. Et il avait une véritable passion pour le cinéma. Je me souviens du film que nous avons tourné ensemble, un court métrage bien sûr, ces nuits à courir Montpellier pour trouver le bon décors, la meilleure lumière, scène 1, sixième, les comédiens qui buvaient trop et oubliaient leur texte, le micro traversait le champs parfois souvent, et le stress puis la joie de Seb quand enfin résonna, rue de l’ancien courrier, le clap de fin. Mais je m’égare là, l’heure de Sébastien n’est pas encore venue. Revenons donc à la Poste.


Ce soir-là, Virginie, notre chef (une incroyable fétarde) nous avait annoncé l’arrivée de nouveaux éléments qu’il nous faudrait former. Pour la première fois, la tâche allait m’être confiée. J’étais plus que ravie car : a – quand on formait on travaillait moins, on bavardait plus, et j’ai toujours préféré le bavardage au boulot ; b – je n’ai jamais su pourquoi, et surtout comment, mais il y avait une réelle concentration de beaux mecs à la Poste. En tous cas, dans cette section-là. Dans chaque nouvelle vague (6 personnes en moyenne), la moitié était des gars (donc 3), et les deux-tiers de cette moitié (donc 2, bravo !) étaient franchement mignons. Ce qui me faisait une chance sur trois de passer deux heures proche, toute proche, d’un beau jeune homme. D’où mon ravissement.

Quand les nouveaux sont arrivés dans la salle de phoning ce soir-là, je n’ai vu que Benoît. Ou plutôt sa tête, dépassant des demis-cloisons supposées isoler les télé-acteurs pour plus de concentration. Ses cheveux chatains tout bouclés, ses grands yeux noisettes, son large sourire. Son tee-shirt blanc à rayures bleues marines. A la seconde où je l’ai vu, je l’ai voulu. Pas que sexuellement, je le voulais pour moi. J’ai croisé les doigts mais c’est à Sébastien qu’il fût confié. Moi, je travaillais avec Elise, une blondinette qui deviendrait vite une bonne copine.

Seb me rammenait en voiture tous les soirs. Il m’apprit donc que le charmant nouveau s’appelait Benoît, qu’il était étudiant en droit et venait d’Avignon. Pas de copine, apparemment. Moi en revanche, j’avais un copain.


Les choses n’étaient alors pas simple avec Sylvain. Nous étions ensemble depuis presque deux ans et notre histoire touchait à sa fin. Seulement, nous étions trop jeunes et trop amoureux pour nous en rendre compte.

Sylvain fût le premier garçon que j’ai véritablement aimé. Celui à qui j’offris ma virginité. Et mon être tout entier. Mais comme je l’ai dit, nous étions jeunes et stupides, inexpérimentés en tous cas, et notre façon de ne vivre que l’un pour l’autre a précipité notre fin.

Il n’allait pas très bien, Sylvain… J’étais devenue sa raison de vivre… Il ne faut jamais être la raison de vivre de quelqu’un, c’est dangereux. Voilà une erreur que je ne commettrai plus. Plus jamais. Le leçon fût trop douloureuse pour que je risque de l’oublier.

L’été commençait. Je nous savais dans l’impasse sans pour autant trouver la force de nous en sortir. De nous séparer, puisque c’était la seule solution. J’avais peur pour lui, mais aussi pour moi, je l’avoue sans rougir. Quand un amour meurt, on se demande toujours si un autre naîtra un jour, si le coeur retrouvera la force et la folie d’aimer. C’est en voyant Benoît que j’ai compris que d’autres possibles existaient.

Quelques semaines plus tard, je trouvai enfin le courage de mettre un terme à ma relation avec Sylvain. Non sans chagrin ni difficulté. C’est dur de quitter quelqu’un que l’on aime. Même lorsque l’on sait qu’il n’y a pas d’autre alternative. Des semaines de téléphone puis le silence, seuls lui et le temps peuvent guérir les plus profondes peines.


A la rentrée, je retrouvai Benoît à la Poste. Quelques soirées chez Seb et sa coloc’ de l’époque, des verres et des joints, des musiques, des livres et enfin un concert, High Tone à Gramont, le festival 100%, lui et moi main dans la main pour la première fois, et un baiser, allongés sur l’herbe, sous le ciel étoilé.

A mes yeux, Benoît était parfait. Il possédait toutes les qualités de l’Idéal (avec un grand I, toujours. Comme Utopie, avec un grand U): il aimait la musique, la littérature, l’histoire, il était curieux de tout, très cultivé, ouvert bien sûr, il avait voyagé, parlait plusieurs langues, s’habillait bien, avait beaucoup d’humour, un beau sourire et une jolie paires de fesses. Il me plaisait beaucoup. Pire : il me fascinait. J’ai d’ailleurs toujours été fascinée par les hommes que j’ai aimés, à croire que chez moi l’amour doit être teinté d’admiration, l’un ne va pas sans l’autre, c’est bizarre, je sais pas trop, j’y reviendrai (peut-être)(ça vaudrait le coup, en tous cas)(enfin, je crois…).


Le deuxième week-end, Benoît m’emmena chez son père dans le gard. Bien sûr, il n’était pas là (le père, est-il utile de le préciser ?). Une vieille maison de pierres au milieu de la garrigues, pas loin d’Uzès. Une cheminée, un bon dîner, Madredeus et un peu d’herbe, un lit dressé sous la lucarne de la mezzanine. Au petit matin, ses lèvres vinrent m’embrasser, son visage se dessina dans la jeune lumière et il me fit l’amour pour la première fois. C’était bien…

Cette maison de campagne abrita par la suite nombre de nos tendres moments, des noëls, des jours de l’an, des anniversaires et tout un tas d’autres dates moins importantes sur un calendrier mais tout aussi mémorables à l’échelle d’une vie. Nous faisions l’amour dans l’herbe en été, à l’ombre du cerisier. Devant la cheminée en hiver, sur fond de jazz et de tombées de pluie. Nous ne faisions pas que l’amour, nous cuisinions aussi, Benoît était un vrai chef, le peu de cuisine que je pratique aujourd’hui me vient de lui. Nous lisions, à deux très souvent. J’adorais ça. Il lisait les dix premières pages à voix haute, puis je prenais le relai pour les dix suivantes, avant de lui rendre la parole et ainsi de suite pendant des livres et des livres. Nous pouvions lire des nuits entières, comme ça, l’un contre l’autre, nos voix mêlées, nos jambes enmêlées, nos langues entre-mêlées, parfois. C’était bien, la lecture avec Benoît. C’était bien, l’amour avec Benoît. C’était bien, toute cette période là. St André (la maison dont je parle depuis une poignée de lignes maintenant), tout ça. Les longues soirées, les jeux, les rires, et les discussions. Je me souviens que nous nous parlions beaucoup. De tout, avec Benoît je pouvais, d’ailleurs tout le monde pouvait parler de tout avec lui. Avec son père aussi, un chic type son père, très grand, très beau, un humour de dingue et une curiosité étonnante. Très engagé, genre altermondialiste, je crois que c’était un truc de famille les idées politiques, ils en avaient tous et les défendaient férocement. J’ai toujours admiré cette force de conviction, peut-être parce que j’en suis totalement dépourvue. Je ne crois pas une seconde que le moindre de mes gestes ou de mes mots puisse changer quoique ce soit au monde dans lequel nous vivons. En revanche, je suis bien consciente de vivre dans ce monde, je suis capable de m’en réjouir tout comme de m’en inquiéter, et je travaille à m’adapter le mieux possible à lui. Vivre en son sein sans trop me laisser par lui influencer. Mais c’est un autre sujet.

Où en étais-je, déjà ? Ah oui, le père de Ben. Et Ben, surtout Ben, c’est son prime-time après tout !


Mises à part ces tendres escapades, nos débuts furent du genre laborieux. Il nous fallut beaucoup de temps pour nous apprendre, et plus encore pour nous comprendre. Nous n’avions pas du tout la même façon de nous exprimer, de communiquer, de fonctionner. Nous étions en réalité très différents, et nous n’avions pour ainsi dire que nos goûts en commun. Et un sincère goût de l’autre, surtout. Rien n’était évident, mais nous avions envie. Alors oui, il nous fallut du temps pour nous aimer. Mais ensuite, nous nous sommes aimés très fort. Très, très fort.


J’étais fière de Benoît comme d’aucun autre homme avant lui. Il était mon monsieur parfait, le mec que toutes les nénettes rêvaient d’avoir, bien sous tous rapports, à l’aise en société et en toutes circonstances, attentif, réactif, spontané mais aussi réfléchi, monsieur parfait, tout simplement. Je crois que quelque part j’aspirais à être comme lui. Aussi parfaite, aussi saine. Je sentais que le mal s’était insinué en moi et que bientôt il se révèlerait.

A cette époque, je n’allais pas très bien.

Benoît partit quatre mois pour un stage à Paris. Mais avant, il m’emmena voir l’océan. Je ne l’avais jamais vu avant. Je me souviens avoir pleuré devant tant de beauté et d’immensité et d’éternité, je me suis dit elle existe !, l’éternité je voulais dire, et ensuite j’ai marché dans une galette de mazout, c’était la belle époque, et j’ai pensé aux marées noires, aux effets de serre, à toutes ces choses dégueulasses qu’on fait tous les jours, tout ce contre quoi Benoît apprenait à lutter (droit de l’environnement) et je l’en ai aimé davantage.

Nous avons passé une semaine merveilleuse, de Biarritz au cap Ferret, la dune du Pilat, le bassin d’Arcachon et du poisson frais sur le port, avec un vin blanc, et l’amour dans les vignes du Sauternais, vue sur le Château d’Yquem, et de jolis mots, et de belles promesses, et nos doigts mêlés pour défier l’éternité.

Benoît partit un samedi de mai. Je le rejoignis un vendredi de juillet.

Ce fût cet été-là… 2003, je crois… oui, 2003, c’est bien l’été 2003, à Paris, que je suis devenue folle. Etait-ce la distance avec les miens, la solitude, ou juste le processus normal de dégradation, j’ai perdu la tête dans la capitale, entre le parc Montsouris et la rue de Charenton, et j’ai mis plus d’un an à la retrouver. Mais je reviendrai sur Paris et ma tête perdue, plus tard. Je voudrais d’abord en finir avec Benoît (oh ! Comme les termes sont bien choisis…).

L’été suivant (suivant Paris, bien sûr), je n’étais pas loin d’être folle. Alors j’ai suivi Benoît en Avignon, il nous a trouvé un appartement, et je me suis trouvé un boulot. L’été, torride, passa sans dommage. Mais à l’aube de l’automne, l’orage ne fût pas seul à gronder.


Benoît me quitta. Un message sur mon répondeur. 36 secondes, j’ai compté. Il a mis fin à notre histoire d’amour de trois ans en 36 secondes, par téléphone. J’ai essayé de le rappeler, mais seule sa messagerie deignait me répondre. Et en douze messages, elle fût saturée. Son père, chez qui il séjournait, refusait de me le passer. Il ne peut pas te parler pour le moment, Marion. Sois patiente, il te rappellera. Laisse lui du temps. Laisse lui du temps… Tu parles ! Deux jours plus tard, un autre message me demandait de quitter notre appartement commun. J’avais deux jours pour déménager. Mes maigres affaires et moi partimes donc nous installer chez mes grand-parents, à quelques 20 kilomètres d’Avignon. J’ai bien failli à ce moment-là lâcher mon job, retourner sur Montpellier, près de ma famille, de mes amis, et reprendre mes études que je n’aimais pas, ma vie d’avant, quoi. Mais revenir c’était comme reculer. Faire un pas en arrière, dans les tranchées, certes pour me protéger, me soigner et me guérir, mais tout de même reculer. Ce que je refusais. Et puis, lorsque l’on touche le fond, deux choix s’offrent : se mettre en boule et pleurer, ou taper le sol de ses pieds, un grand coup, pour rebondir, et nager de toutes ses forces pour regagner la surface. Tout le monde s’attendait à me voir rentrer, mais je suis restée. Sans mec, sans appart’ et sans raison, je suis restée en Avignon, pour y construire ma vie. Et j’ai réussi, je crois. La chance avec moi et le vent dans le dos, j’ai avancé. Parfois, on a simplement pas le choix.


J’ai revu Benoît. Nous avons même remis le couvert, comme on dit, mais on ne rallume pas un feu éteint, l’amitié, la complicité, l’habitude ni même l’amour ne sont suffisants. Quand c’est fini, c’est fini. Et il faut être fou pour penser le contraire, croire qu’une histoire peut renaître. Voilà la première leçon que j’ai tirée de toute cette histoire. Ça, et ne jamais revenir sur ses pas. Ne pas regarder en arrière mais droit devant, face au soleil, droit devant. Même si c’est flou.


Voilà, très résumée, l’histoire de Benoît. Qui mène à l’histoire d’Avignon.

 

 

Puisqu’il faut commencer un jour, ce sera aujourd’hui, maintenant.

Je ne suis pas plus prête qu’hier, pas moins que demain, il me fallait simplement une date et j’ai pioché celle-ci. Peut-être parce que le ciel est nuageux. Peut-être parce que je n’ai envie de rien. Peut-être parce que je viens de tomber sur une vieille boîte à chaussures remplies de photos de ma jeunesse. Ma mère tenait absolument à ce que je range le placard de mon ancienne chambre, que je fasse le tri, comme elle dit. Depuis que j’ai quitté la maison, cette pièce est restée en l’état et j’avoue qu’il était temps de la vider.

Je n’aime pas faire ça. Fouiller, ranger, jeter. Déjà, parce qu’on retrouve toujours tout un tas de choses auxquelles on ne pensait plus, et ces retrouvailles sont souvent larmoyantes. Et puis parce que remuer le passé me montre à quel point il est révolu, à quelle vitesse le temps passe, et comment je deviens vieille chaque jour un peu plus.


Quatre ans que je n’avais pas mis les pieds dans cette chambre. Six que je n’y vis plus. C’est dire l’âge des souvenirs qui s’y cachent.

Dans une pochette en carton, si pleine que les élastiques étaient tout détendus, j’ai trouvé mes lettres. De vieilles lettres que j’ai écrites, ou que l’on m’a écrites, il y a longtemps, très longtemps. L’écriture de Benoît, de Sylvain ou encore de Magali. Des mots de tendresse et d’amour. Je ne m’y suis que peu attardée, leurs premières lignes suffisaient à me faire pleurer. Dans une autre boîte, les photos. Donc. Le collège, le lycée, la fac. Les amis, les petits amis. Les amoureux. Je l’ai vite refermée. Je la garde. Je ne l’ouvrirai sans doute plus jamais, mais je la garde. Et dans une autre boîte, bien planquée au fond du placard, mes cahiers. Des pages et des pages noircies de mes douleurs, interrogations et amours adolescentes. Les souvenirs sont revenus en déferlantes, je me suis vite retrouvée submergée par ces émotions du passé et, assise en tailleur sur mon petit lit, je me suis mise à pleurer. De grosses larmes bien rondes et bien salées. Des gouttes de mémoire. C’est peut-être là que l’idée m’est venue.


Je suis sortie fumer une cigarette sur la plage. Cette plage qui me rassure et m’apaise, mon amie de toujours, ma confidente. J’ai fait quelques pas, les pieds nus dans le sable, avant de rentrer.


Maintenant, j’ai le cafard. Et contre le cafard, je ne connais que deux remèdes : l’alcool, et l’écriture. Il est trop tôt pour boire, alors…



Je me suis souvent demandée par où je commencerais, si je devais tout raconter. Je crois que je n’aimerais pas commencer par le commencement, trop banal, trop chiant. Des souvenirs trop lointains pour qu’ils soient intéressants. Je préfèrerais sans doute commencer par un événement marquant, entre le milieu et aujourd’hui. Une histoire toute faite et bien faite, assez récente pour que je m’en souvienne dans les détails, pas trop pour que je sois capable de la raconter sans m’arrêter tous les trois mots pour sécher mes larmes. Une histoire d’amour. Celle de Benoît, par exemple.

Oui, je vais commencer par Benoît.