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 Acte II : Paroles, paroles, paroles…

Ou mensonges sur fond de bonne volonté

 


« La langue ment à la parole et la parole à la pensée » Adam Mickiewicz


( http://www.deezer.com/track/718352 )



Un appartement au coeur de la ville, dans la chaleur de l’été.



D’abord, il y a eu le silence. Puis les mots. En rafales, en tornades, ouragan.


La douleur fait perdre la tête. Qu’inventer à sa suite ? Soulagement ? Guérison ? Rédemption ? Et si malgé tout le couteau s’enfonce plus profond ?


Il y a eu le silence puis tu m’as dit que je te manquais. Il y a eu encore du silence puis tu m’as dit que tu m’aimais. Il y a eu plus, bien plus de silence et là tu m’as dit que tu me quittais. C’était un jeudi matin, je m’en souviens bien, il était tôt et la sonnerie du téléphone m’a réveillée. Mon coeur battit très fort quand je vis ton nom inscrit sur le cadran. Et je décrochai le sourire aux lèvres.


Des mots que tu me dis ensuite, certains restent gravés dans ma mémoire comme des cicatrices, profondes, indélébiles. Un je ne veux pas de toi qui s’abat sur mon coeur comme un éclair et le fend en deux. Des non à répétition qui brise les moitiés en quarts. Un je t’aime de ma part suivi d’un bip… de la tienne qui fit des quarts des miettes, poussière. Je m’effondrai sur le canapé.


Le silence aurait dû revenir. S’installer. Devenir notre règle.

Mais il m’apparaissait alors comme une résignation, comme l’aveu de ma défaite, de notre défaite, et je ne pouvais m’y résigner. Je ne pouvais renoncer à toi. Alors je t’ai poursuivi. Jusque dans tes tranchées de mensonges et de cruauté, je t’ai poursuivi. Jusque dans tes nuits d’isolement et de souffrance, je t’ai poursuivi. Jusqu’au plus profond et au plus bas de l’homme, je t’ai poursuivi. Et je t’ai tout dit.

Tu avais froid, mes mots se faisaient manteau pour te protéger du souffle glacial de la solitude. Tu avais faim, mes mots se faisaient miel pour adoucir tes heures et calmer ton appétit de tendresse. Tu avais besoin, mes mots se faisaient tiens, quel que soit ton désir, quelle que soit ton humeur.

Pour toi, je fûs l’amour, l’amie, l’amante, la confidente, la psy, la bonne fée, la morphine et l’opium. Je pouvais tout faire, tout être, pour répondre à tes envies. Pour cultiver tes envies. Pour ne pas que tu m’oublies.

Je t’ai poursuivi.


Et tu t’es laissé faire. Tu m’as même encouragée. Tu m’as dit de mille façons combien tu m’aimais. Tu m’as dit que si tu avais un lasso, tu me décrocherais la lune. Mais nous savions toi et moi que tu n’avais pas de lasso. Et pas plus l’envie de faire les quelques pas qui te séparaient de moi.


Un soir, tu as fini par tout m’avouer.

Tomber le masque de Monsieur Parfait derrière lequel tu te cachais. Mais si j’ignorais les détails de ton usurpation, j’avais déjà cerné ta vraie nature. Alors je t’ai dit que ce n’était pas grave, que je pardonnais tes mensonges, et que je t’aimais. Dans le confessional de la nuit, je te donnai mon absolution. Et je jurai d’être celle qui toujours te comprendrait, toujours te pardonnerait, toujours t’aimerait. Parce que je voulais tellement être celle… être Elle…

Il est des promesses inhumaines que l’on ne devrait pas faire.

Ainsi, les jours et les semaines passèrent, nos mots tendres demeurèrent et la souffrance aussi.

Aujourd’hui je le sais : nous aurions dû nous taire.

       

             

            


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