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Puisqu’il faut commencer un jour, ce sera aujourd’hui, maintenant.

Je ne suis pas plus prête qu’hier, pas moins que demain, il me fallait simplement une date et j’ai pioché celle-ci. Peut-être parce que le ciel est nuageux. Peut-être parce que je n’ai envie de rien. Peut-être parce que je viens de tomber sur une vieille boîte à chaussures remplies de photos de ma jeunesse. Ma mère tenait absolument à ce que je range le placard de mon ancienne chambre, que je fasse le tri, comme elle dit. Depuis que j’ai quitté la maison, cette pièce est restée en l’état et j’avoue qu’il était temps de la vider.

Je n’aime pas faire ça. Fouiller, ranger, jeter. Déjà, parce qu’on retrouve toujours tout un tas de choses auxquelles on ne pensait plus, et ces retrouvailles sont souvent larmoyantes. Et puis parce que remuer le passé me montre à quel point il est révolu, à quelle vitesse le temps passe, et comment je deviens vieille chaque jour un peu plus.


Quatre ans que je n’avais pas mis les pieds dans cette chambre. Six que je n’y vis plus. C’est dire l’âge des souvenirs qui s’y cachent.

Dans une pochette en carton, si pleine que les élastiques étaient tout détendus, j’ai trouvé mes lettres. De vieilles lettres que j’ai écrites, ou que l’on m’a écrites, il y a longtemps, très longtemps. L’écriture de Benoît, de Sylvain ou encore de Magali. Des mots de tendresse et d’amour. Je ne m’y suis que peu attardée, leurs premières lignes suffisaient à me faire pleurer. Dans une autre boîte, les photos. Donc. Le collège, le lycée, la fac. Les amis, les petits amis. Les amoureux. Je l’ai vite refermée. Je la garde. Je ne l’ouvrirai sans doute plus jamais, mais je la garde. Et dans une autre boîte, bien planquée au fond du placard, mes cahiers. Des pages et des pages noircies de mes douleurs, interrogations et amours adolescentes. Les souvenirs sont revenus en déferlantes, je me suis vite retrouvée submergée par ces émotions du passé et, assise en tailleur sur mon petit lit, je me suis mise à pleurer. De grosses larmes bien rondes et bien salées. Des gouttes de mémoire. C’est peut-être là que l’idée m’est venue.


Je suis sortie fumer une cigarette sur la plage. Cette plage qui me rassure et m’apaise, mon amie de toujours, ma confidente. J’ai fait quelques pas, les pieds nus dans le sable, avant de rentrer.


Maintenant, j’ai le cafard. Et contre le cafard, je ne connais que deux remèdes : l’alcool, et l’écriture. Il est trop tôt pour boire, alors…



Je me suis souvent demandée par où je commencerais, si je devais tout raconter. Je crois que je n’aimerais pas commencer par le commencement, trop banal, trop chiant. Des souvenirs trop lointains pour qu’ils soient intéressants. Je préfèrerais sans doute commencer par un événement marquant, entre le milieu et aujourd’hui. Une histoire toute faite et bien faite, assez récente pour que je m’en souvienne dans les détails, pas trop pour que je sois capable de la raconter sans m’arrêter tous les trois mots pour sécher mes larmes. Une histoire d’amour. Celle de Benoît, par exemple.

Oui, je vais commencer par Benoît.








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