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A quelques mètres de chez moi, sur la gauche, une impasse. La terrasse d’un restaurant s’y installe l’été, l’automne et le printemps. On y boit du bon vin de la région et on y mange de grosses assiettes de fromages et charcuteries. J’aime cet endroit.

Au dessus du restaurant, des fenêtres.

Derrière l’une d’elle vit une femme aux cheveux courts. Je la vois le matin, très tôt, préparer du café ou débarrasser la table de son petit-déjeuner. Je crois qu’elle vit avec un homme, parce que je l’ai vu parler plusieurs fois.

Au dessus, une autre fenêtre, plus petite. Toute la semaine dernière, je n’y ai vu qu’une couette, posée sur la rembarde. A sécher, ou à ranger. Hier, la couette était remplacée par un jeune homme aux cheveux blonds et en bataille. Il était adossé à la fenêtre ouverte et je devinais entre ses mains une guitare. Alors j’ai claqué des doigts pour faire taire la rue et je l’ai entendu. Il jouait un vieil air que je connais bien, j’ai chanté tout bas pour l’accompagner. Knock, knock, knockin’ on heaven’s door…

Plusieurs minutes sont ainsi passées. Dans la rue, les troupes du festival défilaient et au dessus, entre le ciel et la terre, comme suspendus entre deux mondes parallèles, il jouait et je chantais.

Puis il s’est arrêté, a posé sa guitare et s’est penché. Il s’est ensuite retourné et face à la fenêtre il a allumé une cigarette. Là, il m’a vue. Et il a disparu.

Je suis restée un moment à regarder vers lui en souriant mais il n’est pas revenu.


Je l’ai revu ce matin. Il fumait de nouveau, penché à la fenêtre. Je n’ai pas osé me montrer, je l’ai regardé se pencher de plus en plus dangereusement jusqu’à ce que son téléphone sonne, je suppose, il a disparu une nouvelle fois.


Avant que le restaurant n’installe sa terrasse, je suis descendue. Exactement sous la fenêtre de mon musicien, j’ai écrit sur l’asphalte à la craie : la terre est basse, tu sais.

 

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