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Dans un bar, tard la nuit. Ou sur le bord de la route, sa voiture en panne, et la musique de Coltrane pour passer le temps et l’angoisse avant que l’on ne vienne la secourir. Au bord du lac, les pieds dans l’eau et dans les cheveux une margueritte. Non, mieux : couchée au beau milieu d’un champs de blé, après la moisson. Monsieur Martin a imaginé toutes les façons dont il pourrait La rencontrer. Qui ? Eh bien, Elle ! Cette Elle qui lui donnera la vie une seconde fois, cElle par qui le bonheur viendra, cElle qui est là, quelque part, qui l’attend, le cherche peut-être. Il l’imagine belle et douce, subtile, passionnée, sensible bien sûr, un peu comme lui mais différente aussi, plus forte, plus stable. Il rêve avec Elle d’un amour grand comme le monde, plus bleu que l’océan, les vagues seront ses baisers et sa voix comme la mer lui reviendra. Elle comprendra ses faiblesses, Elle saura lire entre ses lignes, apprivoisera la bête qui dort en lui, le réveillera d’un baiser café au lait et l’endormira en lui caressant les cheveux. Il lui suffira de La voir pour savoir que c’est Elle et nulle autre, et pour L’aimer toujours.

 

Il pense à Elle quand il marche la nuit sur le chemin communal, quand la forêt lui livre ses secrets dans le bruissements de ses feuilles, quand le vent léger lui caresse la nuque, quand le noir l’enrobe et qu’il lui suffit de lever le bras pour toucher les étoiles.

Il pense à Elle quand il n’arrive pas à dormir. Et c’est plutôt régulier. Alors L’imaginer l’apaise et s’il ne trouve pas le sommeil il trouve au moins le rêve.

 

C’est Elle qu’il cherche dans tout ce qu’il fait. Dans ces femmes qu’il rencontre, qui lui arrive parfois d’enchaîner. Ces femmes à qui il fait l’amour avec tant de tendresse et de passion, à qui il chuchote des mots doux, ces mots écrits pour Elle. Il passe sa main dans leurs cheveux et il cherche. Il embrasse leurs lèvres et cherche toujours. Il caresse leur peau et cherche encore. Comme il ne trouve pas, il fait semblant, et ça, il sait bien faire. Il simule de les aimer et elles le croient, parfois même lui pourrait y croire tellement c’est ce qu’il veut. Il persiste, il s’acharne, il est doux, tendre, attentif et présent, amoureux tout le temps sans jamais vraiment l’être.

Au fond, Monsieur Martin sait que ce qu’il cherche n’existe pas. S’il persévère à en créer l’illusion c’est que sans elle, il meurt.

On dit que l’espoir fait vivre, Monsieur Martin sait combien on a raison.

 

 

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