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J’attendais Arthur, il venait dîner à la maison. J’avais prévu des pâtes à la carbonara, une bonne salade et de la glace en dessert. Ok, je ne m’étais pas foulée, mais Arthur est un garçon simple, et il raffole des pâtes qui plus est, pourtant il n’est pas italien, bref, quand on peut faire plaisir à tout le monde…

Je venais de mettre le Saint Marcellin à griller dans le four, sortir deux verres et ouvrir la bouteille de vin. Il ne manquait plus que mon invité qui se faisait désirer, comme à son habitude.

J’allumai une cigarette que j’allai fumer à la fenêtre, autant pour guetter mon hôte que pour prendre l’air. C’est là que je les ai vus, en bas de la rue, devant le salon de coiffure à bas prix. L’homme, le crane rasé sur les côtés, le jean troué et le marcel qui a du vécu, et la femme à l’ensemble de lin rouge et les cheveux cachés par un large turban coloré. Ils marchaient, bras dessus bras dessous, et s’embrassaient.

Je les ai d’abord regardé parce qu’ils étaient tout à fait assortis, ce look mi-punk mi-bohème, les tongs aux pieds et la coiffure originale. J’ai continué à les regarder parce qu’ils s’embrassaient. Ils n’ont pas cessé. Ils remontaient la rue à pas lents, en s’embrassant. Leurs lèvres ne se décollaient pour ainsi dire pas et pourtant ils marchaient droit. Ça m’a bluffée.

En haut de la rue, devant la vitrine du marchand d’affiches, avant de sortir de mon champs de vision donc, ils se sont arrêtés de marcher pour mieux poursuivre leur baiser. Les tendres caresses de leurs bouches ne leurs suffisaient apparemment plus, il fallait qu’ils se mangent. C’était un de ses baisers aussi impudique que touchant, plein d’amour, oui, plein d’amour.

Une minute, peut-être deux plus tard, leurs visages se sont enfin éloignés, ils se sont souris, et ils ont repris leur marche. Je suis restée plantée à la fenêtre, à regarder là où ils venaient de disparaître. Puis j’ai tourné la tête de l’autre côté, Arthur n’arrivait toujours pas, j’ai fermé les volets et j’ai pensé au dernier baiser que j’avais ainsi échangé dans la rue, sans pudeur ni retenue.

 

C’était avec Toi, je crois.

 

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